Calamar farci au blé et au porc, bouillon au vin rouge



Vendredi soir, c’est calamar!

Quand je les ai vus joliment allongés sur leur lit de glace au marché, je n’ai pas hésité une seconde et je les ai mis dans mon panier. Enfin pas tout à fait, imaginez la scène que je viens de vous décrire, mais au ralenti. Je sais pas pourquoi, j’arrive toujours au moment où les petites mamies s’attroupent et rallongent les files d’attente à n’en plus finir. En général lorsqu’il y a beaucoup de monde devant un étal, c’est bon signe, alors s’il faut attendre dix minutes de plus pour une meilleure qualité, alors qu’à cela ne tienne!

La première fois que j’en ai préparé, c’était à la cité U avec un copain calédonien. On avait regardé un épisode de Pilot Guides qui se passait en Thaïlande, où l’animatrice préparait une salade de calamar aux épices. Pour les pauvres petits exilés que nous étions, cette recette tombait à point pour nous remonter le moral, à la fin de notre année scolaire. En plus ça tombait bien, les travaux qui faisaient trembler les murs du bâtiment depuis des semaines étaient enfin arrivés à terme, et on pouvait enfin inaugurer la nouvelle salle de cuisine. Après 9 mois de vie étudiante à faire la popote clandestinement dans nos placards à balai de 9 m2, cette cuisine arrivait comme le Messie. 

Après avoir dépensé nos maigres économies dans l’achat des ingrédients, on était fin prêt pour réaliser notre recette. Sauf qu’il fallait vider les bestioles, et ça, je lui ai bien laissé le soin de s’en occuper (feignasse? efficace? hmmm…les deux). Il était pris de convulsions à chaque fois qu’il touchait ce calamar tout visqueux, et moi au lieu de l’aider je me roulais par terre tellement c’était hilarant. Le pauvre évier tout neuf et vierge de toute activité culinaire s’est retrouvé tout crado, transformé en dalmatien à coups de taches d’encre. Et la cuisson, n’en parlons pas, ça giclait dans tous les sens, on a cramé ma vieille casserole et on a du ouvrir les fenêtres pour ne pas intoxiquer toute la cité. A un moment un étudiant a voulu rentrer pour cuire ses coquillettes, il est ressorti illico presto sans demander son reste. Bah il les mangera crues et c’est tout.
Cette histoire remonte à 8 ans mais je m’en rappelle comme si c’était hier. La seule chose que j’ai oubliée, c’était… le goût de notre plat !

Mais le goût de ces calamars farcis, je m’en souviens très bien 🙂 Vous pouvez remplacer le blé par du riz ou du quinoa, et la chair à saucisse par des lardons ou du jambon cru. Le porc se marie vraiment très bien avec les fruits de mer, faites-moi confiance! J’ai improvisé la sauce avec du bouillon, un fond de bouteille de vin rouge et du concentré de tomate. Que des fonds de placard en somme …

Calamar farci au blé et au porc, bouillon au vin rouge
(pour 2 pers)

-2 calamars moyens (nettoyés par le poissonnier!)
-4 càs de blé précuit (ou du riz)
-1 càs de chair à saucisse
-1 oignon nouveau
-2 gousses d’ail
-1 bouillon cube dilué dans 50 cl d’eau bouillante
-20 cl de vin rouge
-1 càc bombée de concentré de tomate
-1/2 càc de paprika fumé (ou piment d’Espelette)
-2 càc de sucre
-un peu d’herbes de Provence
-sel, poivre
-un peu d’huile d’olive

Ciselez l’oignon nouveau et faites revenir la partie verte avec un peu d’huile d’olive. Ajoutez 1 gousse d’ail hachée et la chair à saucisse. Assaisonnez de sel, poivre et herbes de Provence, puis ajoutez le blé. Mélangez bien et laissez refroidir la préparation.
Faites chauffer le four à 180°C.
Farcissez chaque calamar et bloquez l’ouverture avec les tentacules, à l’aide de pics en bois. Epongez-les bien et faites-les dorer sur toutes les faces pendant 2 minutes sur feu très vif, dans une poêle avec un peu d’huile d’olive. Réservez-les dans un plat creux allant au four. Dans la même poêle, faites revenir la partie blanche de l’oignon nouveau. Ajoutez la 2e gousse d’ail hachée, puis le concentré de tomate et le sucre. Versez le vin rouge puis le bouillon. Assaisonnez de sel, poivre et paprika fumé (ou piment d’Espelette). Portez à ébullition, puis versez sur les calamars. Recouvrez avec un couvercle, puis enfournez pour 40 minutes. Servez bien chaud !

8 Commentaires

  1. pour sûr on te fait confiance ! se devrait etre parfumé à souhai t! (comme dab hé hé), mais tu es tjs ds t fond de placard? ils doivent etre énorme ! lol ^^
    bisous et bon week !

  2. Très chouette avec le vin rouge, ça change ! Si tu trouves du poulpe essaie donc une daube, rien mangé de plus tendre !

  3. bonne idée avec le vin rouge…tres tentante cette recette

  4. Je constate qu’il y a huit ans c’est le copain qui vidait les bestioles et que maintenant c’est le poissonnier …. Y’a pas à dire c’est ce qu’on appelle l’expérience !! L’art et la manière de se simplifier la vie et qui n’a rien à voir avec de la fainéantise. Sympa cette petite sauce au vin rouge.

  5. Miam ! ça me rappelle les calamars farcis de ma grand-mère : t’es sûre que tu n’as pas des origines pieds-noires en plus ? Parce que calamars, vin rouge et porc, oui oui, ma grand-mère elle faisait ça. En version encore plus slurpique, je te conseille la seiche. Mais tu as intérêt à arriver au marché avant les petites mamies, sinon, elles t’auront tout piqué !

  6. @Ma bulle de G:Oui j’ai des placards qui regorgent de trucs improbables,une vraie caverne d’Ali Baba!
    @Tiuscha:ah là là m’en parle pas!J’en ai vu qu’une fois chez le poissonnier,j’ai regretté de ne pas l’avoir acheté!J’adore le poulpe!
    @Chilubruui j’aime beaucoup les sauces au vin rouge,le bouillon se boit jusqu’à la dernière goutte!
    @Bloga2:Et oui toute occasion est bonne à prendre, je ne suis pas contre la galanterie si ça peut m’éviter de me salir les mains @La cocinera loca2:non,justement j’ai fait un arbre généalogique l’année dernière avec mes parents, et toutes les branches remontent en Indonésie!Cette recette est une improvisation avec ce que j’avais sous la main J’essaierai avec les seiches!

  7. Ca donne vraiment envie!Je vais tester un de ces jours!

  8. Calamars, poulpes, sèches… J’adore ces bestioles visqueuses! Mais c’est en salades (et naturellement pleines) que je les mange ; jamais eu l’occasion d’en gouter des farcies.

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