Yashigani soba: soupe de nouilles au crabe & au miso

 

 

 

Le dernier volet de ma semaine du crabe s’achève aujourd’hui avec ce bol de yashigani soba. Depuis que j’ai vu la recette sur l’excellent blog Le Manger (dont les articles sont tous plus intéressants les uns que les autres, courez le lire si vous ne le connaissez pas), cette soupe japonaise n’a eu de cesse de hanter mon esprit. La nuit je rêvais de farandoles de pinces de crabe, dansant autour d’une piscine de miso, dans laquelle s’agitaient des vagues de soba. On n’est pas loin de l’atmosphère de Hokusai, sauf que l’écume, je l’avais au bord des lèvres. On le surnommait le « Vieux fou de la peinture« , m’appellera-t-on la « Vieille folle de la cuisine » lorsque je ne serai plus de ce monde? Je crois que c’est bien parti pour.

Pour en revenir à la recette, à l’origine il s’agit d’utiliser du crabe de cocotier, présent sur les îles de l’Océan Indien et du Pacifique Sud. Il y en a donc en Nouvelle-Calédonie mais je n’ai jamais eu l’occasion d’en manger, j’espère bien combler cette lacune lors de mon prochain retour en famille. En Normandie, j’ai voulu le remplacer par de l’araignée mais celles du marché étaient trop chétives, alors je me suis rabattue sur le tourteau.
Ici l’ingrédient principal ne sera pas la chair, mais le « kani miso », autrement dit la substance grise qui se trouve dans la carapace. C’est un peu l’équivalent de ce que vous trouvez dans les têtes de crevettes, si comme moi vous aimez aspirer cette partie très savoureuse (et on en fait de très bonnes bisques!). Pour être sûr d’en avoir, choisissez (ou demandez à votre poissonnier) une femelle bien pleine, qui est plus grasse et contient plus de corail que le mâle.
Ce bouillon, que dis-je, ce nectar est un vrai concentré de saveurs iodées apportées par le crabe, le dashi et le kombu. Le goût du sel marin est équilibré par la douceur du miso blanc, plus délicat que le rouge. Un vrai petit chef-d’oeuvre d’umami, cette soupe, qui vaut largement tous les caviars de la terre. Ou plutôt de la mer.

 

Yashigani soba:
(pour 4 personnes)

Pour la soupe:
-1 tourteau (le mien pesait exactement 1,335 kg)
-1 grosse gousse d’ail râpée
-1 pouce de gingembre râpé
-1 feuille de kombu*
-1,5 càs de dashi en poudre*
-1 càs bombée de miso blanc*
-1/2 càs de miso rouge*
-2 càs de mirin*
-2 L d’eau froide
-2 oignons nouveaux
-une pincée de sel

Pour les nouilles:
-4 portions de soba (ou autres nouilles de votre choix, comme ici des nouilles wenzhou)
-quelques tiges d’oignons nouveaux

 

*Tous ces produits se trouvent en épicerie japonaise.

 

J’avais dans mon freezer deux têtes de homard que j’avais conservées pour cette recette mais finalement le tourteau était assez rempli pour m’en passer.
Portez une cocotte d’eau à ébullition et plongez-y le tourteau. Laissez cuire environ 10 minutes, puis égouttez-le et laissez-le refroidir.

Pendant que vous décortiquerez le crabe, occupez-vous du bouillon. Jetez la première eau et versez les 2 L d’eau froide dans la cocotte. Ajoutez la feuille de kombu et faites chauffer sur feu doux. Surtout ne soyez pas trop pressé, il faut laisser frémir, pas bouillir.
Passons au crabe: détachez les pinces et les pattes et fendez-les avec une pince ou un marteau. Réservez pour le dressage.
Passez une lame de couteau à l’arrière de la bête, dans la fente entre l’abdomen et la carapace, que vous soulèverez d’un coup sec. Détachez les deux parties et jetez les branchies. Allez voir cette vidéo pour mieux comprendre.

Avec une cuillère, récupérez la substance grise et crémeuse qui se trouve dans la carapace, ainsi que le corail orangé.


Il y a aussi du corail dans l’abdomen, n’en perdez pas une miette. Autre conseil: mettez un vieux t-shirt, vos vêtements risqueraient de sentir la marée 🙂

Vous pourrez décortiquer le tourteau plus tard, car là nous n’aurons besoin que du « kani miso » (littéralement: miso de crabe en japonais). A gauche du bol: la chair et le « miso » des têtes de homards (on dirait pas mais il y a de la chair dedans!) et à droite la chair des pattes et de l’abdomen du tourteau. Conservez les pinces pour le dressage.

Ensuite, ajoutez dans la cocotte le « kani miso », le dashi, le gingembre, l’ail et le sel. A l’aide d’un chinois et d’un fouet, délayez les deux sortes de miso dans le bouillon, toujours sur feu doux.

Cette opération empêchera au graines de soja de passer à travers, pas très agréables en bouche. Enfin, versez le mirin dans le bouillon. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement si nécessaire.

Elle est pas belle, ma soupe? Hein?

Faites cuire vos nouilles selon les instructions du paquet. Ici je les ai plongées à peine 5 minutes dans une casserole d’eau bouillante, avant de les égoutter.

Répartissez les nouilles dans des bols et recouvrez de bouillon chaud. Déposez une pince de crabe (j’avoue, avec 2 pinces pour 4 personnes, il va y avoir de la bagarre) sur les nouilles et parsemez d’oignons nouveaux ciselés. Dégustez bien chaud!

 

Umami…Umamimami blue, Umami blue ! Umamimami!

 

 

12 Commentaires

  1. mmhm encore un plat d’ailleurs que je devrais adorer !

  2. Le crabe donne ses lettres de noblesse à un simple plat de nouilles !

  3. Magnifique, et je suis ravie de voir cette recette du fin fond de Kuroshima arriver jusqu’en France. Merci de partager ! Juste un petit truc : yashigani, ça veut dire crabe de cocotier, donc ta recette, ce sont plutôt des kani soba, enfin des kani wenzhou Kani, c’est le nom générique du crabe en japonais, et selon les espèces, et on ajoute des préfixes pour chaque espèce, en changeant le K de kani en G parce que ça sonne mieux : tarabagani pour le king crab, mokuzugani pour le crabe à mitaines, zuwagani pour le crabe des neiges, yashigani pour le crabe de cocotier…
    En tous cas tu me donnes envie de réessayer ce plat en arrivant en France, avec nos kani à nous – et pourquoi pas nos nouilles, on n’est pas si loin de certaines pâtes italiennes avec les soba d’Okinawa, ça pourrait marcher…

  4. Super, merci pour toutes ces infos, il faudrait que je change le titre de la recette! Ca m’intrigue, le crabe à mitaines, je l’imagine avec les pinces à moitié protégées par de la laine Et oui pour la version française, avec des pâtes occidentales ça pourrait fonctionner aussi bien je pense.

  5. C’est vrai que ça à l’air vraiment délicieux, merci de partager cette recette avec nous. Et merci d’avoir partager le liens du blog Le manger que je ne connaissait pas et qui est vraiment super!

  6. Je comprends que ca te donne envie de chanter – et je suis d’accord avec toi, Le Manger est passionnant a lire, un vrai plaisir.

  7. Excellent !!!

  8. Je note ta recette car la saison des soupes va bientôt reprendre à la maison^^ bon week end

  9. Kika dit : Répondre

    c’est vache le coup de nicoletta… en plus d’avoir envie d’acheter un mega tourteau j’ai la chanson dans la tête!
    je me vengerai…!

  10. J’aime beaucoup la présentation et cette soupe m’a l’air pleine de saveurs bravo !

  11. Wahou, ça fait rêver cette soupe ! Ce crabe me fait penser à tous ceux qu’on a pu voir lors de notre voyage en Polynésie ^^ Dommage que chez nous il n’y en ai aucun ! En tout cas merci pour cette recette !

  12. Menu Belleville dit : Répondre

    Ahhh, ça c’est une belle soupe! A essayer!

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