Dîner au Carlotta

Petit dîner en amoureux au Carlotta hier soir, sur les quais de Caen. Malgré le nom aux consonnances italiennes, il s’agit d’une brasserie typiquement française, assez classieuse, limite prout-prout. Ouvert en 1990, l’établissement jouit d’une excellente réputation, comme en témoigne la clientèle habituée qui le fréquente. Je passe chaque dimanche devant la devanture lorsque je fais mon marché, mais jamais je n’aurais pensé y manger un jour. Ca avait l’air trop chic à mon goût, et je n’avais pas de fringues assez class pour y entrer, moi qui traîne qu’en jean et baskets la plupart du temps. Mister T. y était déjà allé pour un déjeuner d’affaire, avec des japonais coincés et encravatés (ça se dit ?), et m’avait déjà brossé un portrait assez select de l’endroit. Mais c’est pourtant là que j’avais décidé d’aller fêter mon anniversaire, ou plus précisément mes 19 étés et 7 hivers. Car en Nouvelle-Calédonie le 27 octobre tombe TOUJOURS en été, et depuis que je suis ici, ça tombe en hiver, ça va de soi…J’avais envie de me frotter à la bourge attitude pour voir ce que ça fait !

Après avoir retrouvé au fond de mon placard une vieille robe rouge (on ne peut plus vif) décolletée aux épaules, je me dis que oui, je pourrais y aller sapée comme ça. Cette robe, j’avais flashé dessus il y a quelques années dans une boutique à Nancy, tellement flashé que je l’avais achetée en double exemplaire : une rouge et une noire…J’étais encore étudiante et j’ai dû par la suite remplacer le resto U par des paquets de pâtes à 24 centimes d’euro 🙂 Faut savoir faire des sacrifices dans la vie ! Du coup je ne la réserve que pour les rares occasions !

A peine avions-nous franchi la double porte vitrée que tous les yeux se braquent sur moi, qui déteste me faire remarquer ainsi. J’ai pu furtivement décrypter dans le regard des clients attablés à l’entrée le reflet d’un steak dans une robe rouge, battant à plates coutures la sole meunière blafarde qui dormait dans leur assiette. J’avais l’air si appétissante que cela ? Ou alors simplement parce que j’avais pris un coup d’vieux du jour au lendemain (ça se voit, ce genre de truc ?) ? Quoiqu’il en soit, je reste accrochée au bras de Mister T. jusqu’à ce que nous arrivions à notre table, isolée dans la zone des tables pour deux (le coin drague ?). Lumière tamisée, jazz en fond sonore, déco mélangeant le style Belle Epoque et des miroirs gigantesques designés par Starck. Tout n’a pas l’air aussi guindé que je croyais. Au contraire, l’esprit ambiant est plutôt décontracté.

Après les mises en bouche (olives au ras-el-hanout et mousse de saumon à tartiner), on commande en entrée un carpaccio de saumon à l’huile d’olive (pour moi) et une salade de champignons sauvages au foie gras pour monsieur. Le service est rapide (il était à peine 20h30), et les assiettes s’avèrent être assez copieuses ! Le saumon est extra-frais et tranché en lamelles épaisses, qui ont le mérite de donner de la matière en bouche comme j’aime. La vinaigrette est simple mais très parfumée, grâce au citron et à l’aneth, et la petite salade de mâche et de pousses de betterave se marie parfaitement avec le poisson et les copeaux de parmesan. La salade de champignons sauvages est aussi très savoureuse. Il faut dire qu’on partage toujours nos plats, sauf que là c’était à sens unique car il n’aime pas le poisson ! J’ai reconnu les girolles et les cèpes, par contre pour le reste, on est resté dubitatif (trop nul en mycologie !). Le foie gras était fondant et bien assaisonné, mais j’ai trouvé qu’il y avait trop d’huile dans la vinaigrette, d’ailleurs ça se voit sur la photo !


Comme la maison est spécialisée dans les poissons et fruits de mer, j’opte pour la suggestion du moment qui est le dos de bar poché avec ses petits légumes et son aïoli. La cuisson du bar est parfaite, la chair se détache toute seule et fond dans le palais. La sauce hollandaise est incroyablement légère et m’a poussée malgré moi (tu parles) à saucer l’assiette avec du pain…Le seul bémol fut l’aïoli qui n’avait rien d’un aïoli. Je me demande si le serveur ne s’était pas empêtré dans ses neurones fiches, car on aurait dit une crème au curcuma, à l’arôme puissant et végétal évoquant l’écorce d’un vieil arbre. Non seulement ce n’était pas la sauce prévue, mais en plus c’était pas terrible. Mister T. avait pris un carpaccio de bœuf au vieux parmesan accompagné de frites. La viande était très persillée, il fallait donc un peu la dépiauter pour écarter les veines de gras. Quand c’est cuit, je dis pas, mais quand c’est cru, bof ! La vinaigrette était juste comme il faut mais le vieux parmesan était caoutchouteux ! Un bémol pour chaque plat.



Pour finir en douceur, je choisis le fondant au chocolat accompagné de sa glace vanille et de son chocolat chaud de Tanzanie. Le gâteau laisse s’échapper son cœur coulant au premier coup de cuillère, comme je l’avais imaginé. Le petit shooter de chocolat chaud est une vraie petite dynamite cacaotée. Il se déguste avec parcimonie, tellement c’est épais et intense. Il envahit le palais comme une coulée de lave sur une montagne : ça dépote tout sur son passage ! Pendant ce temps Mister T. casse tranquillement la croûte caramélisée de sa crème brûlée, un de mes desserts préférés. Elle est parfumée à la fleur d’oranger, ce qui me rebute un peu. Je ne supporte pas le goût de fleurs dans les desserts, ça me fait penser à du savon, dommage. Je m’en tiens à mon assiette tout chocolat et c’est tant mieux, je finis sur une note très agréable et forte en sensation.

En définitive, une jolie soirée dans un endroit élégant et décontracté que je n’ai pas regretté de découvrir.

3 Commentaires

  1. Le chocolat chaud de Tanzanie me laisse vraiment réveuse …

  2. Un joli repas que j’aurais bien aimé aussi.
    Bonne journée

  3. Alors comme ça, tu habites à Caen? J’y suis née et j’y ai habité jusqu’à mes 25 ans…..Souvenirs, souvenirs…
    Et pourtant je ne suis jamais allée au Carlotta!!! Le nom me disait quelque chose mais c’est à peu près tout !

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